A propos de gravure

La manière noire  |  L'eau- forte  |  L'aquatinte  |  La pointe sèche

«La gravure est pensée et travail de l’envers, face à face avec le miroir et
retournement des formes, ajournées jusqu’à l’impression». Serge Meurant

L'eau-forte est un des plus importants procédés de la gravure en creux.
Elle désigne l’aqua-fortis ou acide nitrique étendu d’eau et par extension les estampes réalisées par ce procédé.
La pointe dessine avec souplesse dans le vernis comme le crayon sur le papier.

L’histoire

Rembrandt
Les débuts de l'eau-forte se situeraient à Augsbourg vers 1500, dans le milieu des armuriers et damasquineurs.
Ceux-ci gravent à l'eau-forte les motifs destinés à décorer le métal. Des expériences se réalisent dans le fer, matériau plus résistant que le cuivre, avec des mordants à base de vinaigre.
Il semblerait que Urs Graf, à qui l'on attribue généralement l'invention du procédé, falsifia la date de son eau-forte "Jeune fille lavant son pied", en indiquant 1513 au lieu de 1523. A cette époque, un grand esprit de compétition existe entre les artistes qui réalisent de nombreuses expérimentations. On note que Dürer (1471-1528), pratique l'eau-forte à six reprises entre 1515 et 1518 et son "Enlèvement d'une jeune femme" est daté de 1516.
En Italie, Le Parmesan (1503-1540) exploite ce procédé récemment découvert et devient ainsi le chef de file de peintres aquafortistes tels que Tiepolo, Piranesi et Canaletto.

Rembrandt

Au XVIIe, elle atteindra sa pleine maturité.

Parmi les artistes les plus remarquables, on peut citer : J. Callot (1592-1635), en France, qui utilisa le vernis des luthiers plus résistant et, aux Pays-Bas, Hercules Seghers (1590-1640) et Rembrandt (1607-1669).

Nombreux sont les graveurs du XVII et XVIIIe qui préparent à l’eau-forte légère une planche destinée à être gravée au burin.

La technique
L’exécution d’une eau-forte se déroule en trois étapes:

1. Le dessin.
La plaque de cuivre est dégraissée et ensuite recouverte de vernis. A l'aide d'une pointe, le graveur dessine dans le vernis qui n’offre aucune résistance. Le tracé est facile et souple. La pointe entame le vernis, dénude le métal là où le mordant doit agir mais n'entame pas la planche.

2. La morsure de la planche.
La planche est plongée dans un mordant qui va creuser le métal aux endroits non protégés par le vernis. Ensuite, les parties suffisamment creusées seront recouvertes de vernis.
Des morsures successives seront réalisées et peu à peu, l'œuvre prendra forme par des valeurs superposées et différents états.
La planche est ensuite rincée, dévernie et prête à l'impression.

3. L’impression de la planche.
L'encre étant placée dans les creux, essuyée sur toutes les autres parties, la planche est posée sur le plateau de la presse. La pression des cylindres imprime ensuite les parties encrées sur le papier qui vient se gaufrer dans les creux, ce qui donne au trait ce léger relief.