A propos de gravure

La manière noire  |  L'eau- forte  |  L'aquatinte  |  La pointe sèche

«La gravure est pensée et travail de l’envers, face à face avec le miroir et
retournement des formes, ajournées jusqu’à l’impression». Serge Meurant


Farinati Paulus
L’aquatinte est le procédé de l’eau-forte qui permet d’obtenir des effets de lavis en produisant des surfaces, des aplats, des demi-tons.
Les creux sont réalisés dans le métal avec un mordant.

L’histoire
Au XVIIIe s, certains graveurs cherchent à tout prix à utiliser la couleur afin de produire des effets de peinture.
Le graveur Ch. François qui avait réalisé des fac-similés d’après Watteau, expérimenta le lavis en appliquant des touches d’acide au pinceau à même le cuivre.
Jacob Christoph Le Blon (1670-1741), né à Frankfort, mit au point, grâce à la technique de la manière noire, la gravure en couleur au repérage à planches multiples que les Dagoty exploitèrent brillamment.
C'est en 1768 que LePrince découvrit le procédé d’aquatinte au grain de résine.
Ce procédé fut largement utilisé pour l'estampe en couleur.
A cette époque, ses meilleurs représentants furent Decourtis (1753-1826), Janinet (1755-1832) et Debucourt (1755-1832).
Néanmoins, d'autres graveurs poursuivent la tradition de l'impression en noir.
Dans ses "Caprices", F. Goya (1746-1828) mêle le trait de l'eau-forte aux aplats gris et noirs de l'aquatinte, en opposition au blanc du papier.

La technique

Farinati Paulus
La planche doit être grainée. On pulvérise des grains de résine sur la plaque de métal que l'on chauffe. Les grains sont cuits et adhèrent ainsi, laissant entre eux des espaces libres. Le mordant creusera le métal entre les grains donnant à la morsure cet aspect vermiculé.
Le grainage se fait à l'aide d'une boîte à grain ou à l'aide de sachets de tissu - soie ou tarlatane- contenant de la résine dont la trame laisse passer les grains. Il peut également se réaliser à l'aérographe.
Le vernis est ensuite posé au pinceau sur la planche afin de recouvrir les parties devant rester claires. On plonge la planche dans un mordant. On travaille par zones et en les protégeant successivement. Les différentes morsures feront apparaître le dessin.
On obtient ainsi des dégradés et des valeurs différentes.